« Une nouvelle frontière »

L’Afrique est à la croisée des chemins. Elle demeure par endroits une terre de conflits et de pauvreté, mais elle est dans son ensemble une « nouvelle frontière », prometteuse et enthousiasmante.

Tiré par une croissance économique dépassant les 5% par an, le continent a connu des mutations sans précédent depuis une dizaine d’années. Avec une inflation maîtrisée et des stratégies de désendettement réussies, les politiques de stabilisation macro-économique commencent à produire leurs effets offrant, entre autres, de nouvelles marges de manœuvre budgétaires.

Les flux de capitaux se sont inversés au profit du Sud : à titre d’exemple, les investissements directs étrangers ont connu un pic à 52 milliards de dollars en 2009 contre moins de 10 milliards en 2000. La fameuse classe moyenne – à la fois source de maturité politique et d’émergence économique – est évaluée à 100 millions de consommateurs dépensant annuellement près de 400 milliards de dollars. Le nombre d’abonnés à la téléphonie mobile a ainsi explosé, passant de 16 millions en 2000 à plus de 500 millions actuellement. Enfin, pour la première fois depuis le début des années 1980, moins de la moitié des Africains vit avec moins de 1,25 dollar par jour.

Autrement dit, la création de richesses parvient enfin à absorber la croissance démographique. Le continent compte 1 milliard d’habitants, les deux tiers ont moins de 25 ans.

Ce développement solide, homogène – et qui ne repose pas uniquement sur les hydrocarbures – est une chance historique. En 2050, la population africaine sera de 2 milliards d’habitants. Ils seront pour moitié jeunes et urbanisés. Le quart de la population active mondiale vivra en Afrique, comme en Chine aujourd’hui… Si l’Afrique sait relever les défis des infrastructures, de son agriculture et de sa jeunesse, elle peut être demain l’atelier et le grenier du monde.

Le blog de 35°N : Chronique de la métamorphose africaine